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La courge dans tous ses états
En ce dimanche inondé de soleil un couple fribourgeois est assis sur
le vieux mur de pierres. Traversant le village, il a fait halte devant
le stand de courges. Il déguste une soupe de derrière les fagots,
mitonnée par la famille Jean-Mairet.
Depuis quelques années, elle s’est faite une solide réputation dans la
culture de cucurbitacées, et surtout dans l’art des les apprêter. Il me
souvient de ces courges rebondies, splendides dans leur carapace orange,
qui s’épanouissaient dans un coin du jardin comme laissé à l’abandon. A
part la soupe et le gâteau, elles ne révélaient pas toutes leurs vertus
gustatives.
Plus de 60 variétés !
Avec leur nom qui fleure l’exotisme, elles semblent avoir évincé notre
courge locale. Maintenant, elles se nomment akaguri, tetsukabuto,
musquée de Provence, mongogo du Guatémala, turk’s turban et même
puccini. Elles épousent toutes les formes et virent au vert sombre, au
jaune pâle ou concentrent en elles les couleurs de la palette d’un
peintre.
Bref, la cuisinière y perd ses repères et ne sait plus guère à quelle
sauce les préparer. C’est pour répondre à cette perplexité culinaire que
Christine et Luc Jean-Mairet ont décidé d’agender quatre après-midi de
dégustation. Ce 12 octobre, ils ont fixé leur choix sur la confection de
gâteau et de soupe en élisant six sortes de courges différentes et en
employant exactement les mêmes ingrédients. Le dégustateur peut ainsi
juger de la consistance et du goût plus ou moins prononcé de l’une ou de
l’autre.
Secondés par leurs deux garçons, Maxime et Ludovic, c’est une vraie
affaire de famille. Déjà gourmet du haut de ses sept ans, Elisa tend à
nouveau son bol: «J’aimerais cellelà! C’est la meilleure!» Elle a choisi
«winter luxury». Lors des précédentes dégustations, la famille
Jean-Mairet a proposé aux passants du curry thaï, des gaufres, des
beignets et même des glaces. Elle en animera encore une le 18 octobre de
13 h. à 17 h. Ce sera une surprise !
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